Nos commerces
Les "grandes surfaces" n'imposaient pas encore leur loi ; le commerce n'émigrait pas vers la périphérie des villes. Au contraire, à une époque où les déplacements étaient plus lents, les transports plus difficiles, la vie plus centrée sur le cœur du village, on avait un besoin vital de proximité. Les commerces se situaient donc dans le bourg ou dans les hameaux, car ils n'étaient pas seulement des lieux de distribution et de consommation, mais de véritables espaces de communication.
Les Breuilletons étaient très attachés à la coopération. Ils étaient souvent adhérents de la Société de Panification et de la Coopérative Régionale de Saintes.
Historique de la société de panification de Breuillet
La société de panification a été fondée en 1868 sur le principe de l'échange : blé contre pain.
En 1882, la société achète du terrain au 18 route du Candé pour construire un immeuble composé d'une maison d'habitation, un fournil, un grenier à farine et un hangar pour mettre les fagots qui serviront à chauffer le four pour cuire le pain.
En 1926, la société achète un pétrin mécanique, en 1931 l'électricité est installée dans l'immeuble.
Cette société fait le portage de pain à domicile. Le porte-pain, recruté par adjudication, devait porter le pain trois fois par semaine dans tous les villages de la commune. Ce portage, nommé tournée, se faisait par une voiture à cheval. Au début les pains pesaient: 1 kilo, 2 kilos 500 et 5 kilos.
Les sociétaires étaient engagés à fournir les fagots qui leur étaient payés. Ces fagots étaient de chêne, d'ajoncs, d'épines et des épergis, et aussi de sarment de vigne. Les épergis provenaient du nettoyage des bois, environ quinze ans après la coupe pour le bois de chauffage. On cuit ainsi le pain jusqu'en 1966 où un four à vapeur remplace l'ancien four à bois.
En 1967, par arrêté préfectoral, la société doit faire des pains “fantaisie” de 0,700 kg, de 0,250 kg et de 0,200 kg.
Par suite de dénonciation pour la fabrication de gâteaux dans les locaux par le boulanger, les services agricoles ont, par ordre de la Préfecture, retiré l'agrément à la société. Le 30 août 1967, la dissolution est faite. Le 6 octobre 1967 la liquidation est prononcée et tous les avoirs de la société sont reversés au profit du Foyer Rural de Breuillet.
Pour mémoire : Le 1er janvier 1932, la société de panification avait loué, à la coopérative agricole un local pour y déposer deux trieurs à grains de blé, d'orge, d'avoine, deux tarares. Cette coopérative agricole avait aussi deux pulvériseurs (ou brise-mottes) deux herses attelées par des bœufs.
Pierre Lys, 2006
En 1882, la société achète du terrain au 18 route du Candé pour construire un immeuble composé d'une maison d'habitation, un fournil, un grenier à farine et un hangar pour mettre les fagots qui serviront à chauffer le four pour cuire le pain.
En 1926, la société achète un pétrin mécanique, en 1931 l'électricité est installée dans l'immeuble.
Cette société fait le portage de pain à domicile. Le porte-pain, recruté par adjudication, devait porter le pain trois fois par semaine dans tous les villages de la commune. Ce portage, nommé tournée, se faisait par une voiture à cheval. Au début les pains pesaient: 1 kilo, 2 kilos 500 et 5 kilos.
Les sociétaires étaient engagés à fournir les fagots qui leur étaient payés. Ces fagots étaient de chêne, d'ajoncs, d'épines et des épergis, et aussi de sarment de vigne. Les épergis provenaient du nettoyage des bois, environ quinze ans après la coupe pour le bois de chauffage. On cuit ainsi le pain jusqu'en 1966 où un four à vapeur remplace l'ancien four à bois.
En 1967, par arrêté préfectoral, la société doit faire des pains “fantaisie” de 0,700 kg, de 0,250 kg et de 0,200 kg.
Par suite de dénonciation pour la fabrication de gâteaux dans les locaux par le boulanger, les services agricoles ont, par ordre de la Préfecture, retiré l'agrément à la société. Le 30 août 1967, la dissolution est faite. Le 6 octobre 1967 la liquidation est prononcée et tous les avoirs de la société sont reversés au profit du Foyer Rural de Breuillet.
Pour mémoire : Le 1er janvier 1932, la société de panification avait loué, à la coopérative agricole un local pour y déposer deux trieurs à grains de blé, d'orge, d'avoine, deux tarares. Cette coopérative agricole avait aussi deux pulvériseurs (ou brise-mottes) deux herses attelées par des bœufs.
Pierre Lys, 2006
Les provisions
Dans le bourg de Breuillet, il y avait plusieurs épiceries. Celle qui était tenue par M. et Mme Prévost a peu changé entre 1943 et 1948. Le moulin à sucre ci-dessous provient de l'épicerie du Candé.
De toutes les épiceries du Grallet, celle tenue par Ida Charles résista le plus longtemps. Ci-dessous, sur la photo prise par un baignassout' en 71, on voit Ida au fond de son épicerie, mais aussi son premier matériel de pesage, une balance Roberval. Un article publié en 1995 dans Vivre à Breuillet donne plus d'informations sur l'épicerie du Grallet.
Auparavant, au Grallet, il y avait une coopérative, épicerie surnommée "les coops", que l'on aperçoit sur la photo suivante (bâtiment au fond à gauche).
Il y avait aussi la foire et bien d'autres commerces dans le Breuillet de l'entre-deux-guerres : 2 tailleurs, plusieurs épiceries dans le bourg ou au Billeau… Il y avait même une banque au Grallet, à l'emplacement qui allait devenir "La Grange". Vous pouvez lire ci-dessous une lettre envoyée à un emprunteur, en 1932. Elle est signée par la responsable, Mademoiselle Rouffineau.
Le pain

Dans le vieux four et tout au fond du fournil, la bonne odeur du pain cuit à l'ancienne :
Vous pouvez voir aussi des paniers à pain, sans oublier le tampon de la boulangerie. Pour le paiement, on employait parfois les bâtons de comptage et les bons de pain.
Bâtons de comptage
Bâtons de taille partagés : il s'agit généralement d'un morceau de coudrier (noisetier) fendu en deux, mais pas sur toute sa longueur. Un des 2 morceaux a une forme de crochet, c'est la contre-taille que celui qui contracte une dette va garder, et l'autre bout donc un peu plus court et sans crochet est la taille destinée au vendeur qui fait crédit (boulanger, la fermière avec son lait…).
On prend l'exemple du boulanger qui distribuait son pain dans la journée à la campagne. Il se faisait payer en monnaie bien entendu pour les clients présents, mais ceux partis pour la journée dans les champs laissaient leur contre-taille (donc pas d'argent qui traîne) sur un rebord de fenêtre avec les volets à moitié fermés. Le boulanger avait avec lui toute une collection de tailles, avec le nom de ses différents clients marqués sur la partie blanche du noisetier fendu. Il déposait le pain dans les volets (pain de 5 pour les gros mangeurs), il juxtaposait la taille et la contre-taille et faisait au couteau une coche ou encoche commune aux 2 morceaux de bois. À la fin du mois on prend un moment pour régler son boulanger, on rapproche les 2 morceaux de bois, on compte le nombre de coches, et on paye ce qui est dû. De là, viendrait l'expression une cote mal taillée.
Dès les années vingt, la boulangerie Debord de Breuillet utilisait une méthode plus moderne, le bon de pain.
Merci à l'ami Joël pour toutes ces précisions.
On prend l'exemple du boulanger qui distribuait son pain dans la journée à la campagne. Il se faisait payer en monnaie bien entendu pour les clients présents, mais ceux partis pour la journée dans les champs laissaient leur contre-taille (donc pas d'argent qui traîne) sur un rebord de fenêtre avec les volets à moitié fermés. Le boulanger avait avec lui toute une collection de tailles, avec le nom de ses différents clients marqués sur la partie blanche du noisetier fendu. Il déposait le pain dans les volets (pain de 5 pour les gros mangeurs), il juxtaposait la taille et la contre-taille et faisait au couteau une coche ou encoche commune aux 2 morceaux de bois. À la fin du mois on prend un moment pour régler son boulanger, on rapproche les 2 morceaux de bois, on compte le nombre de coches, et on paye ce qui est dû. De là, viendrait l'expression une cote mal taillée.
Dès les années vingt, la boulangerie Debord de Breuillet utilisait une méthode plus moderne, le bon de pain.
Merci à l'ami Joël pour toutes ces précisions.
L'habillement
Avant de créer "Le Courtil", Madame Michenot, l'épouse du maire, tenait une boutique de tissus, au centre du bourg, à l'emplacement de l'ancien café. Elle y avait installé une petite exposition.
Parfois, on allait faire quelques courses à Royan, mais c'était plus rare !
Breuillet avait son tailleur : Martial Sicard. Son fils Joël témoigne dans la vidéo ci-dessous.
Le tourisme
M. Jeanneau tenait le Café des touristes, au Magarin, sur la route Saujon-La Tremblade. Plus tard, l'établissement devint Chez Alex puis, Le Relais Fleuri.
Dans les années soixante, qu'ils soient en pension au Courtil ou simples visiteurs nocturnes de La Grange, les touristes (souvent appelés "baignassouts") disposent de cartes postales.
Les produits que vendaient les boutiques breuilletonnes pouvaient être très variés comme on peut le voir dans une annonce légale publiée par l'hebdomadaire La Seudre en 1873.
Anecdote : en 1783, les consommateurs (breuilletons entre autres) d'un estaminet de Mornac étaient si turbulents que le tenancier dût les mettre au Tribunal. Lire les intéressantes délibérations ci-dessous.






















































